Claudine et Cléo

7/12/2006

 

 

 

Cleo

 

 

 

CLAUDINE ET CLEO

 Nicole Provence

 

 

 

Cléo, mon enfant-chat

 

 

 

         Dans les foins chauds et odorants de l’été, Cléo se glisse, furtive, ondulante, allongeant avec précaution ses pattes de velours striées, et les dépose avec la légèreté d’un vol de libellule. Les graminées oscillent à peine sur son passage, laissant tomber sur son poil leurs graines mûres et gonflées.

L’air est immobile, comme en attente d’un événement qui déchirera pour un instant, le silence troublé par le chant des mésanges et le cri de la buse qui vient de débusquer l’intruse, prête à lui voler sa proie.

La chatte s’est arrêtée instantanément, le regard fixe, ses yeux verts bordés de khôl comme ceux d’une odalisque. Les moustaches tremblent et les oreilles pivotent. De vrais radars ! Elle n’ose même plus respirer. Elle est là, elle guette, devançant le grattement timide de la souris désireuse de s’étourdir du soleil qui brûle l'air. La buse en colère crie encore pour avertir, tourne dans le ciel et descend lentement, comme une spirale inexorablement aspirée par le sol.

 

Cléo, indifférente à ses cris aigus, se penche et recule, puis se tétanise brusquement. Même les mésanges se retiennent dans leur mélodie. Bientôt, quelques granules de terre glissent dans le trou. Un petit museau renifle l’atmosphère, hésite, recule et sort à nouveau, mis en confiance par le silence qui l’entoure. Il ignore encore le regard d’hypnotiseur qui la guette et la patte qui n’attend que l’éclat d’une seconde pour la saisir.

Le petit museau pointu s’aventure un peu plus, humant l’air de ses moustaches frémissantes, les yeux aveuglés par la lumière crue du jour. Cléo bande ses muscles, s’astreint à une immobilité parfaite, sauf la queue qui fouette l’air nerveusement. Mais pas un brin d’herbe ne bouge, la souris ne doit pas être alertée ! La buse aussi a repéré ce petit rongeur inconscient. Elle lance à nouveau ses cris, longs et stridents, espérant effrayer la féline qui empiète son domaine, mais la chatte n’a cure de la buse. Elle respire à peine et sa queue s’est raidie.

La souris s’est avancée, confiante hors de son trou, et c’est au moment où elle pressent le danger qu’une patte la plaque violemment au sol. Des griffes d’acier dans une gaine de velours la retiennent prisonnière et l’empêchent de fuir. La mignonne a instinctivement compris, viscéralement elle sait…Inutile de se débattre, les barreaux de cette cage de poils sont solides. Si elle persiste à tenter de s’évader, ils se refermeront cruellement sur elle. Alors, elle fait la morte pour tromper son ennemie, sachant qu’un seul mouvement exciterait l’instinct de la chasseresse. Elle devient molle. L’inertie feinte intrigue et déconcerte la chatte. Qu’est ce donc cette chose qui ne bouge plus ?

 

Cléo soulève sa patte avec précaution, prête à refermer le piège. Mais non, ce petit paquet aux poils ras et gris ne semble plus vivant  C’est à peine si, en approchant le museau de son corps, elle pourrait déceler les battements fous de son petit cœur. Incrédule, la chatte observe. La patte de velours fait une pichenette du petit corps au ras de l’herbe, espérant la ranimer. Mais la souris reste amorphe, c’est tout juste si elle ose ouvrir un œil pour dévisager son prédateur. C’est une question de survie.

La chatte est déçue, elle la pousse encore du bout de ses griffes pour la stimuler puis la prend dans sa gueule, sans la croquer encore, elle a le temps !

Sa prise entre les dents, la chatte ondule et se dirige fièrement vers les petites roches blanches qui dessinent une rocaille amoureusement fleurie par Claudine. La souris se laisse balancer sans esquisser un mouvement. Elle ressemble à une grosse moustache qui pend de chaque côté de ses babines. Cléo la laisse choir à terre et s’en désintéresse…en apparence. Elle détourne la tête et observe négligemment le ru qui coule clair sur son lit de pierres, le lézard qui paresse et sera sa prochaine victime, et le vol du papillon qui folâtre. Elle ignore qu’aux pieds des iris, se gorgeant de soleil, lovée dans sa gaine d’écailles verdâtre somnole une couleuvre.

 

Dame souris sent son cœur qui se calme, elle reprend ses esprits…et l’espoir. Peut-être a-t-elle une chance ! Elle hésite et tente un frémissement de patte…rien…Dame chatte semble davantage préoccupée par la tige du saule pleureur dansant dans l’air tiède que par l’humble souriceau qui espère toujours. Elle amorce un deuxième tressautement, toujours rien, la voilà qui tente de fuir, la pauvrette, en aveugle, aspirant désespérément l’air qui la guidera jusqu’à son trou…ou un tout autre abri. Alors, Cléo a bondi, heureuse que son jouet s’anime à nouveau. Elle s’ennuyait déjà ! Elle la saisit de ses griffes encore innocentes et la projette dans l’air comme une balle, encore et encore .  Souricette tourbillonne, vole et rebondit. Elle a le vertige, Cléo s’amuse au chat et à la souris, un jeu qu’on ne lui a pas appris petite mais qui est inscrit dans la mémoire ancestrale de tous les chats. Parce qu’elle a un peu trop serré cette petite chose tiède et palpitante, presque par inadvertance, une goutte de sang a perlé sur sa langue, réveillant son instinct de carnassier. Pour avoir le jus de ce fruit étrange, elle sait qu’il faut le presser davantage, et sans hésiter, elle referme ses dents aiguës sur le petit campagnol.

Souricette sait qu’elle a perdu. Ses cris ne sont plus que des ultrasons que ses sœurs n’entendront même pas pour les prévenir du danger qui les guette. Souricette expire. C’est la dure loi de la nature !

 

Cléo se régale. Dieu que la souris était bonne et goûteuse ! Elle dédaigne une patte arrière et la queue qui ressemble à un ver de terre desséché. Une aubaine pour les fourmis qui la détectent et se précipitent en colonne organisée. Dans l’azur la buse proteste et accuse. Elle était sur le point de fondre sur sa proie quand ce maudit félin lui a volé son repas. Elle ira chercher ailleurs sa pitance, dans la solitude de la colline ou dans les champs alentours.

 

La chatte s’essuie proprement la gueule. Elle passe et repasse sa patte humide sur son museau, lisse ses moustaches puis s’arrête une seconde. Elle baille sans façon en étirant ses yeux. Le soleil la caresse. Elle continue à se lécher consciencieusement, puis s’étire voluptueusement, les pattes loin en avant, son petit derrière en l’air et la queue tendue. On se croirait à la prière de la Mecque. Cléo s’incline et se prosterne jusqu’à terre pour la remercier de la provende qui vient de garnir son estomac. C’était peu en fait, une si petite souris ! Elle sent son appétit aiguisé et cherche autour d’elle ce qui ferait un entremet ou un dessert convenable. L’herbe est verte et tendre, elle s’y vautre comme une fainéante et jouit avec ivresse de sa liberté, allonge son corps et le tend comme un arc, bascule et roule sur elle-même, griffant l’air et le ciel. Elle baille encore et ses moustaches se rejoignent en un arc en cercle délicat au-dessus de son museau pointu, découvrant ses dents acérées et sa langue rose. Le soleil trempe de sa lumière chaude sa fourrure rousse et noire qui forme une touffe d’angora sur son ventre. C’est l’endroit préféré que Claudine aime caresser et embrasser. Elle seule a le DROIT ! Condescendante, elle consent à ces démonstrations de tendresse humaine.

 

Des sentiments étranges les relient, des relations proches de l’amour des humains, teintées de respect mutuel et d’humilité. Combien de fois Cléo a-t-elle regretté de ne pouvoir parler et Claudine de ne savoir miauler. Pourtant ; entre elles, tout langage était inutile. Elles savaient se comprendre à travers leurs regards. La femme et la chatte ne faisaient plus qu’une, n’appartenant plus, ni au monde des hommes ni à celui des animaux. Elles avaient franchi les obstacles des différences. Et quand l’une se transformait en femme, l’autre se sentait devenir chatte.

 

Claudine avait une passion : l’écriture, et elle s’offrait le luxe et le plaisir de laisser couler dans ses phrases tous les sentiments qui l’animaient et qu’elle ne pouvait pas toujours avouer. Peu comprenne ce genre de faiblesse ! Ecrire c’était rêver à haute voix sur une feuille blanche. Mais ce que préférait Claudine, c’était écrire en compagnie de Cléo, et dans ses romans, il y avait toujours quelque chat qui se perdait et se glissait subrepticement entre les lignes pour témoigner de son amour pour sa petite compagne.

Au fil des histoires, Cléo devenait tour à tour Câline, Charbon, Charlie, Coquine ou Chipie. Elle ne pouvait exiler les chats de sa vie, et encore moins de ses rêves. Ils en faisaient intégralement partie, c'était comme un deuxième cœur qui battait silencieusement à côté du sien. On ne l’entendait pas, mais il était là.

 

Claudine aimait passionnément les chats, pour leurs pensées secrètes et leur regard perçant, nullement gênés d’aller fouiller jusqu’au fond de votre cœur ce que vous vouliez jalousement garder secret. Elle les aimait pour leurs silences pleins de discours francs et convaincants que peu savaient entendre, et leur paresse délicieuse qu’ils opposaient sans remords à l’agitation démentielle du monde qui l’entourait. Elle les aimait pour leur indépendance vexante qui frustrait et leur fidélité viscérale qui émouvait. Elle ne craignait pas leurs griffes blessantes, riait de leur queue insolente et adorait leurs lèches à la langue rose, râpeuse et humide comme une petite larme.

Le matin, après le déjeuner, Cléo sautait souplement sur la table Louis Philippe qui lui servait de bureau. Elle s’asseyait, la queue entourant ses pattes et l’interrogeait du regard :

-         Tu écris aujourd’hui ?

Invariablement Claudine répondait :

-         Mais oui, dans deux minutes ! Il faut bien que je range un peu !

Alors la chatte satisfaite s’installait confortablement sur la pile de pages blanches qu’il lui faudrait disputer une à une, et patientait. Parfois, elle envoyait valser par terre le crayon, la gomme ou la boule de papier froissé, juste pour s’amuser ou provoquer l’arrivée de sa compagne. Elle s’essayait même à poser les pattes sur le clavier qui l’intriguait.

-         Inutile de vouloir m’aider, s’esclaffait Claudine, Tu ne sais même pas taper !

Cléo haussait les épaules, vexée de si peu de considération et lui lançait un regard réprobateur. Une caresse suffisait à l’apaiser et elle reprenait son poste en suivant des yeux le feutre noir qui, dans la main de Claudine dessinait d’étranges hiéroglyphes.

 

Quand Cléo était là, Claudine se sentait pleine de verve et d’imagination. Elle ne pouvait même plus la gronder quand, au retour d’une balade dans la campagne humide, elle venait d’un bond inattendu déposer son autographe boueuse sur la feuille qu’elle venait juste de dactylographier.

-         D’accord ! Je te donnerai une petite partie de mes droits d’auteur pour ta collaboration, mais de grâce, épargne mon travail !

Et Claudine n’avait jamais eu le courage de jeter à la poubelle les feuilles qui gardaient les empreintes de ses petits coussinets ronds. C’était autant de petits messages secrets qu’un jour elle serait heureuse de déchiffrer.

Claudine a respiré l’odeur tiède du petit corps doux qui s’est lové contre sa poitrine le soir dans son lit, confiant et abandonné, comme celui d’un enfant. Et la chatte, dans son sommeil superficiel a senti le cœur de sa maîtresse battre un peu plus fort.

Claudine et Cléo vivaient en osmose, se fondant l’une dans l’autre, se délectant de ce miracle qui avait su les unir dans un amour-tendresse peu commun, reléguant les interdits et les jamais aux autres animaux, ceux qu’on baptisait domestiques. Cléo avait tous les droits ! Autour d’elles, on riait ou se moquait de ces sentiments hors normes, mais cela ne les atteignait pas. Elles savaient s’isoler pour mieux se retrouver.

 

 

Cléo, la petite chatte espiègle, en redoutable magicienne devine et pressent. Les longs regards silencieux qu’elle adresse sont plus éloquents que de grands discours. De ses yeux mi-clos, filtre une lumière qui transperce chacun des êtres qui l’approchent. Son instinct est infaillible, son flair aigu. Elle sait se faire anguille dans les doigts de ceux qui veulent la caresser contre son gré, ou séductrice auprès de ceux qu’elle veut réduire à sa merci. On ne sait plus si elle est femme ou chatte, sans doute les deux à la fois. Capricieuse et têtue, s’évertuant à se poser là où en principe c’est défendu ; la nappe blanche d’un repas de dimanche, le fauteuil moelleux réservé au maître de céans, les feuilles gribouillées d’un roman ébauché sur le bureau en désordre, les étagères d’un placard aux pull-overs confortables ou le haut d’une bibliothèque, consciente de laisser sur son passage des traces de griffes et des boules de poils soyeux.

Elle sait insister de ses miaulements plaintifs ou péremptoires, assise devant la porte pour quêter sa liberté, patiente et sourde aux protestations de son entourage. Qu’importe le temps qu’ils mettront à s’exécuter, elle sait qu’ils céderont, par lassitude ou furieux de cet entêtement qu’ils finiront par trouver drôle. Elle les connaît, ils l’aiment ! Ils lui pardonnent tout, les blessures du tapis sur lequel elle se venge pour attirer leur attention ou les punir de leur indifférence, les chapardages dans les assiettes pleines qui ne lui sont pas destinées et même ses tapages nocturnes qui font les délices des chats qui ont décidé de ne pas dormir la nuit.

 

Tout est prétexte à rire et s’amuser, la boulette de papier aluminium qu’on jette d’un bout à l’autre du couloir pour la faite galoper, le papier de soie qu’on glisse sous la porte des toilettes pour l’exciter, les sacs plastiques bruyants et les boites vides en carton qu’on laisse traîner là, dans le coin, à son intention, sachant que son premier réflexe sera d’y sauter pattes jointes et de s’y tapir, ne laissant dépasser que les yeux, faussement effrayés, et les oreilles en alerte. Elle restera là, à l’affût d’une paire de mollets à griffer dont le passage déclenchera une fois le méfait accompli, la fuite vertigineuse à l’autre bout de la maison. Elle rit et se moque de leur peur à la voir jouer l’acrobate sur la mince rambarde du balcon, elle est sûre d’elle cette petite funambule à la grâce élégante. Elle ensorcelle celui qui hésite à lui trouver du charme et méprise l’imbécile qui la toise dédaigneusement en disant qu’un chat, aussi intelligent soit-il, n’est jamais qu’un chat !

 

Mais qu’est-ce donc qu’un chat, au juste ? Une boule de poils qui attendrit, un félin qui séduit ou un suppôt de Satan qui assiste les sorcières et les jeteurs de mauvais sorts dans leurs macabres desseins et leurs envoûtements !

Mais qu’est-ce donc un chat ? Un Malin déguisé en félin, l’âme d’un Dieu égyptien adoré et sept fois réincarné ou tout simplement un innocent petit animal ?

 

Le mystère demeure toujours et l’énigme ne sera sans doute jamais résolue, car à trop vouloir chercher, on aura peur de cet éclair inquiétant d’intelligence qui luit derrière le regard d’un chat qu’on croit endormi. Tout à coup il ressemble à s’y méprendre au regard d’un homme, froid et incisif. Le chat ne vous regarde pas, il vous jauge, il vous pèse et vous estime à votre juste valeur, sans se laisser abuser par vos fioritures et vos faux-semblants. On ne mystifie pas un chat. Il est trop fin, trop rusé, trop indépendant de ce qui l’entoure. Il devine la sincérité et détecte l’hypocrisie, instinctivement, sans jamais se tromper. Terrible jugement que le jugement d’un chat ! C’est alors qu’on pourrait lui attribuer des pouvoirs surnaturels et le craindre.

Cléo a frémi d’horreur en pensant à la destinée de ses lointains cousins qui jadis, avaient eu la malchance de naître noirs avec des yeux verts, attirant sur eux, malédiction, méfiance et peur, les destinant aux pires martyrs pour éloigner le démon qui soi-disant était en eux. Dieu ! Heureusement la chasse aux sorcières était depuis longtemps abolie. Aujourd’hui il fallait davantage craindre les chauffards sur les routes et les chasseurs dans les bois qui s’obstinaient à confondre le pelage d’un lièvre avec celui d’un chat.

 

La vie d’un chat n’est pas aussi paisible qu’on veut bien le croire !

 

Cléo a bondi sur le pont de pierres qui enjambe le ruisseau. Elle a amorcé une course pour coincer le lézard qui la narguait depuis ce matin et n’en a gardé que la queue encore frémissante. Elle est allée s’enivrer dans une touffe de népéta cataire odorante, et sans qu’on s’y attende, a fait un demi-tour brusque, comme atteinte de subite folie, faisant la course avec une grosse libellule bleue. Puis elle s’est élancée dans les branches du saule pleureur où s’égosillait un chardonneret. Elle n’en a récolté que quelques plumes colorées, puis, déconfite, s’en est retournée penaude et boudeuse sur le coussin du lit de Claudine, son havre préféré.

 

Claudine s’est avancée et lui a reproché la queue du lézard, la patte arrière de la souris, les plumes de l’oiseau, mais convaincue que seule la Nature avait guidé ces horribles crimes, elle a pardonné. Sa main s’est faite légère sur son dos et ses lèvres ont déposé leur tendresse sur son petit crâne soyeux. Ses doigts ont gratté le dessous du menton, faisant naître un ronronnement sonore. Quel délice !…Puis son visage s’est enfoui dans les poils soyeux et roux de son ventre chaud.

 

Et dans les yeux de ces deux êtres se reflétait un immense soleil. Elles se sont serrées l’une contre l’autre, et les petites pattes ont entouré le cou de Claudine. Ainsi enlacées dans une sphère d’un autre monde, Claudine et Cléo offraient un tableau émouvant d’abandon et de plénitude.

Cléo soupire de bien être et ferme lentement ses yeux faits de deux amandes vertes. Elle vient d’entendre une phrase qu’elle avait espérée depuis si longtemps et qui l’a rendue folle de bonheur. Claudine a chuchoté doucement à son oreille :

-         Cléo, comme je t’aime mon petit enfant-chat !

 

Alors, à son tour elle a miaulé doucement, modulant un cri en tremblant, et Claudine aurait juré comprendre dans ce tendre MA-MAOU, le doux mot de Maman .

 

Elle garda secrète cette révélation. Qui la croirait ?

 

Le miracle venait de s’accomplir pour la première fois…et pour toujours.

L’enfant-chat souris. Très satisfaite d’elle-même.

 

D’un long mouvement de queue nonchalant, elle entoura son corps pelotonné sur le coussin et posa sa tête triangulaire sur sa patte recourbée. Elle laissa s’exhaler un long soupir.

-         Mais qui donc oserait encore prétendre qu’un chat, ça ne savait pas parler !…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Category : reserved to connected users | Write a comment | Print

Comments

| Contact author |